LĂ©sions malignes

 

 

     Le chirurgien plasticien est un acteur majeur du traitement de cette maladie,

toujours en équipe avec le dermatologue qui suspecte ou fait le diagnostic d’un cancer de la peau.

 

     Les cancers de la peau se divisent schĂ©matiquement en deux familles :

 

- Ceux qui seront guĂ©ris par le traitement chirurgical : pas de mĂ©tastases mais des sĂ©quelles esthĂ©tiques possibles (la plupart des carcinomes de la peau).

- Ceux qui peuvent évoluer après le traitement chirurgical et qui peuvent engendrer des métastases aux ganglions, et aux organes (notamment les mélanomes malins). D’autres traitements seront alors mis en œuvre (notamment chimiothérapie).

 

 

 

     La frĂ©quence des carcinomes et des mĂ©lanomes augmente tous les ans.

     Le facteur le plus souvent responsable est l’excès de soleil (notion de capital solaire).

 

     

 

     Fort heureusement, la majoritĂ© des cancers de la peau sont des « cancers bĂ©nins Â» (carcinomes basocellulaires).

Mais il devient aussi de plus en plus fréquent qu’un même patient présente plusieurs carcinomes successivement.

 

 

     La chirurgie est le seul traitement efficace de ces tumeurs.

 

Analyse des tumeurs

 

     Une fois la tumeur retirĂ©e, une analyse au microscope permet de dĂ©tailler la nature de celle-ci et d’indiquer si tout a Ă©tĂ© bien enlevĂ© (pas de risque de rĂ©cidive locale).

 

     Dans certains cas, l'analyse se fait "en direct": c'est-Ă -dire que le mĂ©decin anatomo-pathologiste se dĂ©place (au cabinet ou Ă  la clinique) pour examiner le pourtour de ce qui a Ă©tĂ© retirĂ©.

S'ils restent des mauvaises cellules, on reprélève de la peau.

Cela permet de façon assez fiable, de limiter une exérèse (dans certaines zones difficiles comme le nez, les paupières, ...), de s'assurer d'une exérèse suffisante (lorsque les bords de la lésion sont flous), ou de permettre une fermeture sereine (notamment si celle-ci est complexe).

Cet examen est nommé l'analyse extemporanée des berges.

 

 

Fermeture de la perte de substance

 

     La chirurgie plastique et reconstructrice permet rĂ©aliser la couverture de ce qui a Ă©tĂ© nĂ©cessaire d’enlever, et notamment lorsque la situation est complexe (sur le nez, près des yeux, …).

 

Ainsi, les cicatrices résiduelles dépendront de la localisation, de la taille et du type de cancer.

La longueur des cicatrices est bien plus importante que la taille de la lésion traitée.

En effet, en plus de la tumeur, il faut retirer de la peau saine autour (« marges Â») :

     - de 3 Ă  10 mm autour pour les cancers de bon pronostic, et

     - de 10 Ă  30 mm autour pour les cancers plus agressifs.

 

 

Les modalitĂ©s de l'intervention    

     

- Si la perte de substance peut ĂŞtre fermĂ©e simplement par rapprochement des deux berges : cette intervention se fera, le plus souvent, sous anesthĂ©sie locale au cabinet sans modification des traitements (mĂŞme anticoagulant).

 

- Si la fermeture est plus complexe (notamment au niveau du visage), l’intervention sera rĂ©alisĂ©e Ă  la clinique (des Alpes bien souvent) sous anesthĂ©sie locale et neuroleptanalgĂ©sie (perfusion sĂ©dative en plus), ou sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale ; avec hospitalisation de quelques heures Ă  quelques jours.

Une adaptation de certains traitements pourra être nécessaire.

 

 

     Ainsi, lorsque le mĂ©decin vous adresse pour retirer ces lĂ©sions, il est souvent nĂ©cessaire de venir d'abord en consultation pour :

 

  - Organiser les modalitĂ©s (cabinet ou clinique, type d'anesthĂ©sie, arrĂŞt ou non d'un traitement),

  - Demander l'Ă©ventuelle aide d'un collègue anatomo-pathologiste, et 

  - Recevoir les informations quant au geste technique (cicatrices, impact socio-professionnel, ...)

 

 

 

La prévention de ces cancers, et à fortiori si un cancer s’est déjà déclaré, est de se PROTEGER DU SOLEIL (http://www.prevention-soleil.fr).

 

     Il est nĂ©cessaire de consulter son mĂ©decin traitant ou son dermatologue en cas de

  - lĂ©sion d’aspect inhabituel,

  - de saignement,

  - pour un « bouton qui ne disparaĂ®t pas Â», et

  - d’autant plus si un grain de beautĂ© qui se modifie : cf règle ABCDE (voir « grains de beautĂ© Â»).

 

     Une surveillance annuelle est proposĂ©e aux patients Ă  risque ou ayant dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© des lĂ©sions prĂ©-cancĂ©reuses, et est impĂ©rative pour ceux ayant eu un carcinome.

 

     Les patients, ayant eu un mĂ©lanome, sont pris en charge dans des structures pluri-disciplinaires et la frĂ©quence de surveillance est adaptĂ©e Ă  chaque cas.